L'huile d'argane :

 

L’arganier (Argania Spinosa) est un arbre rescapé du Tertiaire, et couvre naturellement 830 000 hectares dans le sud-ouest marocain entre Essaouira, Tiznit et Taroudan. Il ne pousse qu’en zone semi-aride où il joue un rôle de barrière végétale sur l’avancée du désert.
L’étendue de son réseau racinaire, jusqu’à 30 m de profondeur permet à l’arganier de se nourrir tout en protégeant l’environnement de l’érosion. Dans cette partie du Maroc, l’arganier joue un rôle socio-économique de grande importance, car tout est utilisable.

-Son bois dur  sert à la charpente et à la fabrication du charbon de   bois .
-Les branches épineuses pour protéger les cultures des prédateurs.
-Son feuillage nourrit les dromadaires et les caprins.
-La pulpe du fruit est utilisée en fourrage.
-La coque pour le chauffage.
-Le fruit est transformé en deux huiles (alimentaire et cosmétique).
-Les tourteaux de presse pour l’alimentation animale.


La production d’huile d’argan est spécifique à la culture berbère du sud-ouest marocain.
Il existe aussi une forêt d’arganier dans le sud-ouest algérien. Toute aussi vieille que sa cousine marocaine, elle n’est pas entretenue pour son huile, mais hélas pour son bois et le fourrage. Les évènements de ces dernières années ont favorisé le déboisement, et donc l’avancée du désert. Le gouvernement algérien lance un programme de reboisement et de construction d’unitées de production d’huile d’argan, sur le modèle des coopératives de femmes marocaines.

La production :    

 

Il faut 30 kg de fruits séchés et deux jours de travail pour une personne pour faire 1 litre d’huile d’Argan. Le fruit est récolté sec entre juin et août, puis stocké. Un double décorticage est nécessaire pour arriver à l’amandon que l’on va presser.
La particularité de l’affiache (fruit de l’arganier) réside dans ses écorces. La première, semi-dure (la drupe) ressemblent à un pruneau sec, est facile à décortiquer. La deuxième, (l’amande) 10 à 15 fois plus dure qu’une coque de noisette, est lisse et rigide. Son cassage demande beaucoup de doigté pour ne pas écraser l’amandon.

Les outils sont simples :
une pierre plate et un galet. L’on obtient de un à trois amandons que l’on ne doit pas briser pour ne pas avoir une huile oxydée.


Rendement moyen : 1,2 kilo d’amandons par jour, soit deux jours pour faire un litre d’huile d’Argan. Les recherches pour la fabrication d’une “casseuse d’amandes” ont été finalisées depuis peu. Une machine serait au point. Ces machines n’ont pas le doigté des femmes car les amandons sont abîmés, d’où une production d’huile ayant un peroxyde pouvant être élevé. De plus, la crainte d’une perte de travail pour les femmes se profile à l’horizon. Ce désir de rentabilité est très contreversé par les femmes.

 L’huile d’amandons toastés gourmande :


Les amandons sont toastés dans un four rotatif en inox, puis pressés à froid. L’huile obtenue est ensuite filtrée sur buvard. Ce toastage modifie les saponines. L’huile se pare d’une couleur dorée et nous offre son parfum typique. C’est une huile gourmande particulièrement adaptée à une cuisine raffinée. Elle s’utilise à cru, en assaisonnement pour les cruditées, sur un poisson grillé ou bien à la mode Souiri sur la semoule du couscous. Elle joue un rôle important au niveau diététique en agissant sur le cholestérol et dans la prévention nutritionnelle des maladies  cardio-vasculaire liées à l’alimentation.

L’huile d’amandons crus :

 

Les amandons crus sont pressés à froid, sur meule inox.  Après filtration, l’huile obtenue est claire et sans odeur.  Sa composition en acide gras essentiel et sa richesse en tocophérols (pro vitamie E) lui confert une action cosmétique antiride, hydratante et est recherchée pour la prévention du vieillisement de la peau par ses qualité hydratante.

 

 


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